Giacomo Leopardi : " L'infini ".

Publié le par LMPG

 

Toujours j’aimai cette hauteur déserte

Et cette haie qui du plus lointain horizon

Cache au regard une telle étendue.

Mais demeurant et contemplant j’invente

Des espaces interminables au-delà, de surhumains

Silences et une si profonde

Tranquillité que pour un peu se troublerait

le cœur. Et percevant

Le vent qui passe dans ces feuilles — ce silence

Infini, je le vais comparant

A cette voix, et me souviens de l’éternel,

Des saisons qui sont mortes et de celle

Qui vit encor, de sa rumeur. Ainsi

Dans tant d’immensité ma pensée sombre,

Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

 

Giacomo Leopardi



 

 

 

 

 

 

Poème extrait de Canti, éd. Gallimard, 1996, p.68.

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