Jorge Carrera Andrade : " Homme planétaire (fragments) ".

Publié le par LMPG

 

I

 

 

Je sors dans la rue comme tous les jours.
Fantôme parmi les maisons, je m'interroge
sur la couleur de l'instant, le visage incertain
du bleu qui me regarde
avant de brûler dans son feu le plus caché.
La ville, nasse de pierre, me capture.
Les rues se poursuivent,
elles se pressent autour
des places ensoleillées, ces grands tambours
que le ciel matelasse
de sa peau d'agneau.
Suis-je cet homme qui contemple du haut du pont
les chatoiements de la rivière,
vitrine des nuages?
Si j'ai été Ulysse, Parsifal,
Hamlet et Sigismond, tant d'autres,
je ne suis plus ce personnage sévère
qui avec son manteau de vent
traverse le théâtre de la rue.


In Registre du monde, éd. La Différence, traduit par Claude Couffon, 1997

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