Morgan Riet* : " Etat de veille ".

Publié le par LMPG

 

 

 

Qui es-tu, à part un chien errant rongeant son os à poèmes au hasard des dents de scie et des aplats d’un pays disparate ?

 

Qui es-tu, à part un rêvailleur en pure perte, le front plissé de ruminations et blessé de ronces quelquefois singulièrement suaves ?

 

Qui es-tu, à part un passeur d’images trébuchant sur la pierraille des rythmes, dépassé par le train où vont les êtres et les choses ?

 

Qui es-tu, à part un apatride, un enfant mal dégrossi qui parle en boitant, d’une voix émue de clairière, aux ombres et aux mots qui le suivent à la trace ?

 

Quiétude, un jour ?

 

ou serait-ce en toi, jusqu’au néant (ce pays limitrophe), comme un continent lunaire, éperdu, d’immarcescible crise ?

 

 

* un grand merci à Morgan pour nous avoir donné accès à ce poème, extrait de " En pays disparate ", Clapas, 2010.

 

 

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