Top articles
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Tomas Tranströmer : « Ouragan d’Island ».
Pas un tremblement de terre, mais des secousses célestes. Turner aurait pu les peindre, une fois amarré. Un gant solitaire vient de passer, en virevoltant, à des kilomètres de sa main. Je peux me frayer un chemin dans ce vent contraire , jusqu’à cette...
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Perrin Langda : « Pur jus de dinosaure ».
Les argentinosaures grands comme des barres d’immeubles broutant les cimes bleues des forêts alentour sont tombés comme des feuilles sur le sol leurs corps déchus ont fermenté dans la Terre qui est devenue « bleue comme une orange » pressée et c’est ce...
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Pierre Reverdy : « Espace au fond du couloir ».
J’ai ouvert l’horizon d’un geste Sur la porte de la maison La clef manque Et la saison reste On tourne à gauche en attendant Il vient un reste de raison Autour les collines se ferment On ne peut pas sortir C’est long Et le ciel que le vent entraîne Les...
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Lêdo Ivo : (dans "L'Oreille du Loup")
skip to main | skip to sidebar L'Oreille du Loup éditions / poésie lundi 24 décembre 2012 Lêdo Ivo, poète brésilien Nous venons d'apprendre avec tristesse la mort de Lêdo Ivo En juin 2012, L' O reille du L oup a publié le premier livre en français de...
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Nichita stanescu : « Au nord du nord ».
Et même ce qui n’existe pas peut mourir, pareil à la vie d’un animal boréal dont nous n’avons jamais su de quoi était fait l’état crépusculaire. Il apparaissait parfois dans ta manière de marcher, mais j’étais trop somnolent pour le voir. Parfois il chantait...
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George Oppen : « IMAGE DU MOTEUR »
1 Selon toute vraisemblance un joint de culasse usé Qui crache à chaque poussée du moteur, l’arbre à manivelle Cognant comme une sonnette dans les profondeurs de l’engin : Une machine qui s’emballe toute seule, une masse Brûlante et concentrée de machine...
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Erri de Luca : " H2O2 ".
Ma Mère me lavait les cheveux avec de l’eau oxygénée j’étais brune, elle me faisait blonde, la seule de la rue. (La guerre est finie madame, maintenant nous sommes chez nous.) A l’âge de six ans elle m’amena chez un chirurgien, mon nez était recourbé,...
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Michel Deguy : « Le cimetière ».
Ici c’est le jardin du marbrier Cité de nains boutiques bombardées Par la tombe à la bouche d’ombre Un mort y entre au centre de la terre Une vie pourquoi pas avec Chaque matin et chaque soir La promenade au cimetière Herbu où les tombes sans ordre Sous...
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Giacomo Leopardi : " L'infini ".
Toujours j’aimai cette hauteur déserte Et cette haie qui du plus lointain horizon Cache au regard une telle étendue. Mais demeurant et contemplant j’invente Des espaces interminables au-delà, de surhumains Silences et une si profonde Tranquillité que...
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Roberto Juarroz : « …Lorsque s’éteint la dernière lampe… »
Lorsque s’éteint la dernière lampe, non seulement s’éteint quelque chose de plus grand que la lumière : l’ombre s’allume aussi. Il devrait y avoir néanmoins des lampes qui serviraient exclusivement à allumer l’ombre. N’y a-t-il pas des regards pour ne...
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Bernard Noël : « Champdieu ».
la proportion parfois fait penser le ciel le jardin alors en est la tête ouverte regarder c’est voir l’intérieur de la vue le long pli mouvant selon qui l’invisible vient au bord des formes et pose une ombre blanche le buis sait cela mieux que nous il...
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Thierry Radière : « Où tu rêvais de liberté… » *
* L'auteur prévient le lecteur qu'il s'agit de l'extrait d'un texte qui est en cours... Où tu rêvais de liberté et que j’étais convaincu que je serais toujours esclave de moi-même. Le verre de cassis à l’eau à quatre heures pile chez mon arrière-grand-mère...
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Roberto Juarroz : ["peut-être resterons-nous..."]
Peut-être resterons-nous fixés sur une pensée, la pensant pour toujours. Il se pourrait que l'éternité consiste à se concentrer sans rien alentour sur la pensée la plus dense et à rester là comme une plante en éveil qui colonise pour toujours son minuscule...
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Charles Bukowski : " fourmis défilant sur mes bras ivres ".
Ô des fourmis défilent sur mes bras ivres et elles abandonnent Van Gogh dans un champ de maïs et ôtent la vie au monde avec un fusil de chasse, et défilent sur mes bras ivres et elles poussent Rimbaud à trafiquer des armes et à chercher de l'or sous les...
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Mattia SCARPULLA : « que ton corps explose ».
Sighi ş oara, fin mai 2012 que ton corps explose que tu te souviennes de l’explosion et que je veuille oublier avant de savoir encore je me réveille encore l'âge n'a pas effacé peux-tu vivre sans mémoire ? que la lettre soit le corps que toute ta lettre...
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Fernando Pessoa : [ « je ne veux point me souvenir... » ]
Je ne veux point me souvenir ni me connaître. Nous sommes en trop quand nous voyons en qui nous sommes. Ignorer que nous vivons Remplit assez notre vie. Tout autant que nous vivons, vit l'heure en laquelle Nous vivons, et qui meurt, de la même façon,...
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Eugenio Montale : « J’ai descendu, en te donnant le bras… »
J’ai descendu, en te donnant le bras, un million d’escaliers au moins, et à présent que tu n’es plus là c’est le vide à chaque marche. C’est ainsi aussi que notre long voyage a été bref. Le mien dure toujours, et je ne suis plus au carrefour de coïncidences,...
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Jean-Claude Pirotte : « que s’entrechoquent dans l’esprit… »
que s’entrechoquent dans l’esprit les raisons de déraisonner il reste la saveur des fruits du passé l’humour des damnés il faut apprendre à désapprendre la vraie syntaxe est le temps comme il vient se souvenir meubler l’attente et s’inventer le jeu du...
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Olivier Cousin : " Les chemins andalous ".
Le soleil est mal accroché au ciel Parfois il se montre bon envers les hommes parfois rien ne va sur les chemins qu’il trace pour eux Je laisse mes yeux traîner sur les quatre domaines du vent J’ai suspendu ma veste au seul nuage qui passait Le sol est...
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Joël Bastard : "... Par deux ongles opposés... "
Par deux ongles opposés pinçant la nageoire caudale. Le bras éperdument tendu. Tirant le vivant témoin de l’eau avec précaution. Posant la main sur la suspension animale. Par au-dessus la saisissant fermement. Les doigts en elle. Les yeux mouillés. Dans...
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Richard Taillefer : « Comarnic ».
Merci Richard pour tes mots, ton humilité, ton amitié. C’est - au moins - tout ce que l’on trouve en te lisant … I Chante le coq Aboient les chiens Peu à peu la ville se découvre La lumière déploie ses ailes folles Premiers signes de croix devant le calvaire...
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Marie-Anne Bruch : « Papier d’Identité ».
Sans miroir, je n’ai pas de visage Juste un trou avec le monde dedans. Ma date de naissance est à moitié morte Comme les gauchistes et le LSD. Mon prénom est bien la fille de ma mère, ange gardien ou chaperon. Je suis moins dans mes coudes que dans mes...
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Charles Bukowski : « Un dessin de poisson ».
Il n’arrêtait pas de dessiner des poissons sur des feuilles de papier et j’ai dit : Jack, qu’est-ce qui ne va pas ? mais il n’a rien répondu et sa femme a dit : il ne cherche pas de travail, voilà ce qui ne va pas, et je dois m’occuper des gosses ; je...
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Charles Bukowski : " chance ".
qu'est-ce qui ne va pas avec tous ces gens qui attendent en buvant du café? Je voudrais leur redonner une chance. Ils en ont besoin. Ils en ont plus que moi besoin. je m'assieds dans les bistrots et je les observe tandis qu'ils attendent. je suppose qu'il...
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Jorge Carrera Andrade : " Homme planétaire (fragments) ".
I Je sors dans la rue comme tous les jours. Fantôme parmi les maisons, je m'interroge sur la couleur de l'instant, le visage incertain du bleu qui me regarde avant de brûler dans son feu le plus caché. La ville, nasse de pierre, me capture. Les rues se...